art

Sauver la planète de la RATIONALISATION de l'esthétique

Pommes de terre sur le gaz photo d.Jouvin 2010©

Œdème égocentrique des nouveaux cerveaux à la mode, ou comment faire d'un acte banal, un trait de génie ?

Comment recouvrer la vue et voir l'art de son époque, ou plus simplement voir son époque telle qu'elle est ! Prendre le recul nécessaire, face à cette hémorragie de ré-créateurs spontanés, ces bouffonneries esthétiques sorties de nulle part et à tous ces égocentrismes culturels condescendants et totalitaires ! Rien n'est épargné, peinture, sculpture, musique, chanson, poésie, littérature, cinéma, théâtre, architecture, urbanisme, art culinaire, nature, etc... etc... Et j'en passe, tout ce qui touche à l'esprit, au goût, à la vision, à notre environnement quotidien, bref tout ce qui avait permis à des générations passées de donner un sens à l'existence, cela s'appelle la culture.

Comment nous faire avaler de la merde et la transformer en chef-d'œuvre ? Cette obsession du discours légitimateur et sacralisateur de toutes ces dégénérescences pseudo créatrices, dont nous sommes envahis, fait loi et pire, fait école. En effet, aujourd'hui, tout est art ! Ce mot galvaudé et vulgarisé, mis à toutes les sauces, est devenu terrible. L'art !! Objet de profit et catalyseur bien malgré lui, de toutes les spéculations ? Détournement par viol moral, sous caution et justification intellectuelle de tous ces marchands du temple assistés d'experts accommodants et de grands ordonnateurs de messes culturelles planétaires à but lucratif. Faire naître le doute et porter le trouble dans la pensée du public, des amateurs et des collectionneurs, afin de mieux neutraliser leur goût et pouvoir justifier la non culture et le non art. Comment nous faire acquérir malgré nous, toute cette sous culture ? Comment nous amener à reconnaître cette société de surconsommation comme légitime et normale ? Comment nous faire prendre des vessies pour des lanternes ?

Que faire, face à ce confort déculturé, porté aux nues par un monde marchand sans morale, n'ayant ni foi ni loi, sauf de pouvoir vendre et spéculer ! Seul et unique objectif, favoriser tous ces usurpateurs de l'art, ces producteurs d'œuvres pitoyables confortés par un public qui ne fait plus la différence entre la création et la falsification, entre la réalité et l'illusion, entre le beau et le laid, entre le vrai et le faux, entre la sincérité et la tromperie. Tout ce beau monde se voilant la face, au profit du confort de la médiocrité facile, pour ne vouloir voir dans cet univers matérialisé à outrance et dépouillé de toute esthétique et de tout humanisme, que l'instant de jouissance absolu, où, fiers du quitus général de l'oligarchie culturelle distributrice du bon goût, ils obtiennent, par leur adhésion soumise à cet esthétisme décidé, la récompense suprême, c'est à dire, le statut très envié et très convoité, de personnes cultivées. Mais la culture, c'est comme la confiture ! Moins on en a, plus on l'étale. Et puis, le titre très envié de personne cultivée, montre bien la fragilité de nos générations, qui se croient libre et qui finalement, sont plus asservies à la flatterie qu'au siècles passés. C'est bien triste et vieux comme le monde, si vous savez flatter, brosser dans le sens du poil, vous pouvez  faire douter et aliéner les esprits les plus forts, relire notre bon vieux La Fontaine.

La culture, aujourd'hui, c'est avant tout, d'être à la mode, peut importe quel dieu vous adorez pourvu qu'il soit tendance. Peut-être, qu'un bon coup de pied au cul, par-ci par-là, pourrait être salvateur et réveiller tous ces bobos engoncés dans leurs certitudes éphémères ? Qui sait ! Un jour, peut-être pas si loin, lorsque tous les pays se ressembleront, que toutes les villes auront le même mobilier urbain, que toutes les habitations auront les mêmes meubles, les mêmes placards, qu'on sera tous coiffés pareil, habillés pareil, que nous mangerons la même chose partout, nous partirons passer les vacances dans des endroits identiques, nous nous déplacerons dans des véhicules, eux aussi, identiques ! Nous n'aurons peut-être même plus besoin de nous déplacer, car nous ne saurons plus si nous avons changé de lieu de ville ou de pays. Seule, l'esthétique des formes nous signale l'originalité de l'univers qui nous entoure. Refuser l'uniformisation, la rationalisation de tout, reconnaître la beauté esthétique, savoir déceler l'art du non art, lutter contre ces urbanistes mégalomaniaques, mobilisés seulement par le profit immédiat ! Lutter contre la dictature du marché de l'art, contre tous ceux qui veulent nous imposer la marchandisation et la robotisation de tout, le déni de beauté face à leur éphémère réussite matérielle ! C'est plus que sauver la planète, c'est un acte collectif urgent. C'est faire œuvre utile, car la beauté et l'esthétique sont aussi nécessaire à l'être humain que l'oxygène qu'il respire. Protéger le beau et dénoncer le laid, est un acte citoyen, c'est sauver l'humanité de l'ennui et d'une asphyxie culturelle inéluctable.

Pour lutter efficacement contre cet état, il faut d’abord, bien localiser ceux qui sont à l’origine de cette rationalisation et leur méthode. Les observer et décrypter leurs agissements et les différents aspects qu’ils peuvent prendre pour mieux nous séduire et nous amener à prendre le laid pour du beau et de la "merde" pour un acte de génie. Oui, il faut à tout prix nous désensibiliser du beau, afin que ces industriels et ces détenteurs du goût "médiocrisant" puissent mieux nous vendre leur soupe et nous maintenir dans un état psychologique favorable à l’inertie de choix. C’est ce que l’on appelle, le nivellement par le bas ou qu’on pourrait appeler, de l’abus de confiance par inadvertance.

C’est en effet plus facile, pour les pouvoirs en place, de garder le bon peuple dans la méconnaissance et la médiocrité, que de chercher à lui donner les moyens de s’élever en créant autour de lui un environnement favorable à son épanouissement. Et cela dans tous les domaines. Car si le peuple se mettait à penser et à prendre conscience de l’influence qu’a l’esthétique sur sa vie ! Je pense qu’il refuserait en bloc cette société et démolirait tout ce qui autour de lui est laid et réduit sa capacité à exister et à s’épanouir. Mais il faudra plus qu’une révolution pour en arriver là ! Surtout quand on voit les pseudo révolutions actuelles, qui n’ont d’autre but que de tout casser et faire table rase des références du passé et de toutes traces matérielles de ce qui faisait leur richesse. Plutôt que ces révolutions anarchiques et dévastatrices, fondées en grande partie, sur la vengeance et la haine de l’autre, il faudra une remise en cause mondiale de la technologie et du soit-disant "progrès" permanent ! Certes il faudra avoir le courage de refuser de progresser ! Et peut-être même celui de revenir en arrière, remettre en cause de toujours vouloir plus, le gagner plus, tout en plus !! Ne jamais être satisfait de ce que l’on a, de ne faire que consommer les choses et les êtres sans but réel, sauf d’échapper pour un court instant à l’ennui de ce monde en perpétuelle "évolution" (mot terrible et dévastateur).

Même la pseudo élite est perdante ! Sans le savoir, tous ces nouveaux riches qui ont acquis une certaine puissante d’argent, mais qui n’ont et n’avaient aucune éducation dans ce domaine sont des proies faciles, qui surpayent, avec la bénédiction et l’encouragement des marchés, aux mains des oligarchies mondiales, des œuvres bidons montées de toute pièce et comme il y a un déni quasi général et mondial du beau, ils se rassurent de leur achat en se référant à l’esthétique du moment. Esthétique insidieuse entièrement tournée vers le profit, programmée et soutenue par tous les moyens de communication et de médiatisation possibles. Mais juste retour des choses, la sanction est sans appel, lorsque par avidité de plus-values à court terme, cette soit disant élite veut revendre ces œuvres ou ces biens ! Le plus souvent, c’est la grande déception car de l’autre côté de la barrière, il y a également une autre oligarchie, moins officielle, celle des prédateurs avides, ceux qui se nourrissent de la non culture de l’ignorance de ces nouveaux riches ! Ceux qui attendent que ça tombe tout cuit et pour rien, cela s’appelle de la spéculation ou sorte de préméditation opportuniste et là tout s’écroule. D’ailleurs dans la plupart des cas, il suffit d’essayer de revendre immédiatement ce que l’on a acheté la veille, on a vite la réponse, on vous en propose moins de la moitié ! Et encore... Dans le meilleur des cas. Donc il faut bien savoir que les choses n’ont de valeur, que celle du moment où on les achète, c’est à dire la valeur de notre envie de l’instant. Tout le reste n’est que conventions et spéculation. Par contre, celui qui voit le beau, le bien fait, qui est capable de détecter et d’apprécier la belle ouvrage, les beaux matériaux, celui-là a moins de chance de se tromper, il y aura toujours des amateurs pour le beau, les beaux matériaux, le vrai travail et l’esthétique harmonieuse tournée vers l’épanouissement de l’être humain. D’ailleurs, on voit de plus en plus de gens se retourner, presque instinctivement, vers les vrais objets, cherchant de vrais maisons, voulant habiter dans de vrais villages où le temps c’est un peu suspendu, où par sagesse, certains élus ont su garder l’aspect et la patine du passé et cela afin d’échapper à cet univers urbanisé à outrance et qui n’a de cesse que de rentabiliser toute surface libre sur cette terre. Un univers fait de forme dures et agressives, avec des environnements terribles, dénués de toute humanité. Et on est étonné des réactions sociales que l’actualité nous déverse quotidiennement sur tous les médias ! Soyons lucide, il ne peut pas en être autrement, face à cette barbarie rationaliste de tout ce qui nous entoure.

©D.Jouvin

http://www.lepoint.fr/monde/ceux-qui-ont-ruine-l-espagne-31-05-2012-1471040_24.php (Que dire de plus face à toute cette "merde" ? Merci Monsieur François Musseau.) 


La valeur attribue le talent ! Dis-moi ce que tu cotes et je te dirai qui tu es...

 "Regard" didier Jouvin 1980

Le marché, l'art et l'artiste, où est la sortie ?

Je suis un artiste contemporain, peintre photographe, ancien courtier en art. Je travaille sur des matières relativement conventionnelles (huile, glycérophtalique, vinylique, acrylique, brou de noix, pour l'essentiel), et j'exprime ma vision de l'abstrait, plus dans la composition que dans les matériaux employés, bien que la glycérophtalique ne soit pas tellement utilisée. J'ai eu également la chance, en tant que courtier, de côtoyer des grands peintres contemporains, dont certains sont devenus des références dans l'art du XXe et XXIe siècle. Donc sans vouloir passer pour un ancien combattant de l'art ou un redresseur de tort, je suis obligé, pour être en accord avec ma pensée profonde, de dire qu'aujourd'hui, où tout est rebaptisé "Art" et où on peut tout faire avec n'importe quoi et prétendre que c'est de l'art ! Nous devons faire une approche prudente mais critique, pour pouvoir différencier et extraire l'art de l'artiste de l'art du marché. Comment discerner le talent ? Le vrai, dans tout ce fatras de formes, de matières et de couleurs.

Bien sûr, je suis pour la liberté totale d'expression, qu'elles qu'en soient les dérives et les conséquences. J'ai conscience encore plus que d'autres, de par mon état d'artiste, combien il est difficile d'être juste et équitable dans un jugement sur l'art, quelle que soit la discipline. De plus, il faut bien dissocier, les "Essais" de l’œuvre achevée. Mais je m'insurgerai toujours contre les opportunistes et profiteurs de tout poil, et dieu sait qu'il y a pléthore aujourd'hui, dans tous les domaines où chacun est le prédateur de l'autre et où dans l'art et le marché de l'art, chacun se nourrit du talent de l'autre. Que les choses soient bien posées, cette réflexion n'a pas pour vocation de juger ou de discréditer tel ou tel, mais au contraire de montrer la fragilité du système et de l'artiste, face à la tentation du marché de monopoliser le droit de définir ce qui est une œuvre d'art et dans donner la valeur. Cela concerne et englobe tout le "Marché" de l'art (artistes, critiques, experts, commissaires-priseurs, collectionneurs et spéculateurs qui sont souvent les mêmes). En effet, je m'explique, même si cela peut déplaire, car la mode n'est pas à la vrai critique, mais plutôt à la complaisance et à la démolition courtoise de l'autre, alors qu'une critique doit être le résultat d'une analyse objective sans l'influence du marché, est par essence constructive. Voilà pourquoi, Je suis toujours un peu sceptique et très réservé sur la sincérité et l'honnêteté intellectuelle de ces démarches qui cautionnent nombre d’œuvres (dites artistiques) à grand renfort de discours, de références et d'affirmations philosophiques, sans les discours qui vont avec... Peu d’œuvres actuelles seraient reçues à l'examen de passage et trouveraient acquéreur en galerie ou en vente publique, je plains les collectionneurs dans quelques années ! D'ailleurs, il y a une preuve simple, si vous voulez tester la valeur de ce que vous venez d'acquérir, c'est de repasser votre achat le lendemain dans une autre vente et là, bien sûr c'est plus délicat ! Heureusement pour les commissaires-priseurs, qu'il y a tous ces discours grandiloquents, ces grandes envolés lyriques de circonstance... Sinon comment arriver à vendre et à justifier le prix pour un talent supposé ou pour une imposture évidente ! Le tout repris en cœur et de connivence par des experts convenus qui assistent des commissaires-priseurs en mal de côte et par des soit-disant critiques qui font étalage permanent de leur ignorance, car actuellement dans le monde de l'art, le plus grand rôle de ces experts acculturés et critiques-courtisans du système, est surtout d'être dans la mouvance, (quel qu'en soit le prix) et d'avoir l'air de comprendre. D'expliquer et de justifier tout, même le pire (et je reste courtois), par de grandes phrases creuses, gonflées voir boursouflées de mots à la mode, face à leur méconnaissance complète des œuvres et surtout de l'acte créatif, leur seule référence étant le "Marché". Mais il faut bien le reconnaître, à leur décharge, qu'ils sont souvent en grande difficulté face au vide abyssal de la plupart des œuvres qui leurs sont présentées aujourd'hui, car n'ayant pas le courage de dire la vérité, il sont obligés par lâcheté intellectuelle de trouver tout "Intéressant", mot terrible qui vous situe entre le chef-d’œuvre et la merde. Pardonnez-moi cet excès de langage, mais c'est tellement affligeant et navrant, voir même frustrant par moments, que finalement, on en vient à se demander, est-ce qu'il faut être à la mode lorsqu'on crée ! est-ce que leur avis a une importance ? Est-ce que le prix est un gage de talent ? Est-ce qu'il faut être d'avant-garde ? Et qu'est-ce que l'avant garde, sinon vouloir être à la mode et dans le vent à tout prix ! Pour ma part, je pense qu'il n'y a ni avant-garde ni arrière-garde, mais acte de création ou pas. Et puis, qu'est-ce vraiment qu'un expert en art ? Sinon, à quelques exceptions près, un justificateur cautionneur de valeurs éphémères, appelées cotes, qui font surtout l'affaire du marché, qui lui n'a pas d'état d'âme. De fait, qui peut, de toute sa grandeur analytique, s'arroger le droit de juger une œuvre (donc le résultat d'une démarche artistique), s'il n'a pas lui-même connu l'état psychologique et physique dans lequel se trouve un artiste face à ce besoin impérieux de créer .

En art, comme en toutes choses, ce n’est pas toujours ce que l’on voit qui compte, mais plutôt ce qu’il y a derrière. Aujourd’hui, on ne sait voir que ce qui paraît et rien d’autre. Et de toutes façons, les critiques ou les experts ou les commissaires-priseurs, quoi qu’ils fassent, arriveront toujours après l'œuvre et l’artiste, car sans ces créateurs visionnaires et leur "Folie", tout s’arrête, ce beau système s’écroule. Heureusement, toutes les gesticulations intellectuelles de ces intervenants frustrés par leur absence de talent (car au fond eux aussi aimeraient bien être artiste), n’ont pour seul et unique objectif, que de justifier le prix de leur intervention (et là nous revenons à l’argent) et d’essayer de s’approprier par prédation intellectuelle une partie du talent de ceux qui créent et qui "Eux" en ont (du talent), afin de conforter leur regard sur eux-mêmes et de se trouver intéressants et très en phase avec le monde des marchands (les "Loups" ne se mangent pas entre eux), réaction très primaire et surtout illusoire motivée par leur ego disproportionné. Mais, justice immanente ou revanche de l’histoire (au choix), personne n’a pu encore anticiper avec justesse sur le futur des œuvres (talent ou valeur) et pour être franc, c’est assez rassurant et bien mieux comme ça, car à la limite, pour un artiste (un vrai), en ce qui concerne sa démarche, il vaut mieux ne pas être compris, car être compris de ses contemporains, montre, s’il en était besoin et dans la plupart des cas, que l’artiste n’avait pas vraiment grand-chose à dire... Et puis, est-ce vraiment important d'avoir quelque chose à dire ? Ne faudrait-il pas relativiser, nous aussi, les artistes, l'importance de notre démarche ! (mais cela est un autre sujet). En ce qui concerne la reconnaissance ou la non reconnaissance du talent ou du génie d'un artiste, l’histoire de l’art est là pour confirmer, à quelques exceptions près, la terrible réalité de mon propos. Je pense également qu’une œuvre doit se suffire à elle-même et qu'elle n’a pas besoin d’explications légitimistes ou de grandes théories pour exister, seul le talent et l’émotion qu’elle génère la font vivre, pas les discours. C’est plutôt rassurant et ça laisse de belles perspectives aux artistes, qui eux , sont indispensables.

J’espère avoir allumé quelques lumières, même si mon propos a fortement déplu à bon nombre de personnes composant ce "Juteux" marché de l’art, qui rapporte tant aux "Spéculateurs" et si peu aux véritables artistes. Et peut-être qu’un jour on considérera vraiment les artistes (et non pas le marché) comme la valeur la plus sûre et de toutes façons, indissociable de l'œuvre d’art. Le marché, lui, ne voit que l'œuvre et la valeur qu’il peut lui faire atteindre ! Et l’artiste dans tout ça ? Ne jamais oublier que sans lui il n’y aurait pas d'œuvre et donc plus d’art, donc plus de spéculation et plus de marché. Une société qui ignore ou néglige ses vrais artistes, c’est comme un univers qui s’appauvrit en oxygène, peu à peu elle meurt intellectuellement, car sans création, que serait la vie... Nous existons en grande partie, par ce qui nous entoure.

Si il y a une morale à tirer de cette réflexion personnelle, c'est de toujours avoir présent à l'esprit, que lorsqu'on acquiert une œuvre d'un artiste contemporain, on permet, avant toutes considérations spéculatives, à cet artiste d'exister par son art. C'est peut-être moins tendance, mais c'est sûrement plus légitime, car cela permet à l'artiste d'en vivre, plutôt que d'enrichir le marché, qui n'a pour fonction principale que de spéculer, toujours spéculer et encore spéculer... La puissance attractive du marché, par la cote des œuvres, éloigne l'artiste de sa motivation principale, qui est de créer pour communiquer, dire ce qu'il a à dire et pouvoir ainsi partager, ses idées, sa vision, sa sensibilité, avec le monde extérieur. Or, pour la plupart des acheteurs, ils connaissent l’œuvre, le nom de l'artiste, mais rarement l'artiste. Donc, on passe peut-être à côté de l'essentiel.

© Didier Jouvin

Didier  Jouvin

Artiste peintre photographe

Palette copie

       

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